Les mineurs du Kawa Igen

Photographies: Thomas LEOPOLD



Ce reportage a été fait avec mon Pentax K100D et un basique 18-55mm.
J'ai choisis de tout mettre en N&B sauf les quelques photos du cratère, j'espère que ça mettra en valeur ce somptueux paysage. La plupart des photos ont été faites à focale 3,8 vu la faible lumière ambiante à cause de la brume.
Ici des retouches ont été faîtes pour mettre en N&B et pour enlever des éléments gênant; je n'aime pas "tricher" comme ça mais je tenais à exploiter ces photos, en espérant qu'elles vous plaisent autant qu'à moi!

"20 Juin 2007, lever 04h00 du matin. Je me prépare à gravir le Kawa Igen. Cela fait 10 jours que j’ai entrepris un rapide voyage de 2 semaines en Malaisie et en Indonésie durant lequel je ne cessais d’être émerveillé par les les somptueux paysages sauvages et surtout l’accueil chaleureux des indonésiens. Après un bon déjeuner à hôtel , je sautais dans le minibus qui devait m’amener au pied du volcan. Nous fîmes une belle randonnée à l’aube au milieu d’une végétation luxuriante, jusqu'au repère des porteurs de soufre."




La cabane des mineurs du Kawa Igen.
"Ces hommes, de tout age venant des quatre coins du pays, transportent une tonne de soufre en deux jours ce qui leur revient à gagner environ dix euros par jour. Ils m’accueillirent chaleureusement et je fis rapidement la connaissance de « Fisherman », un ancien pêcheur d’une quarantaine d’années qui me raconta le quotidien d’un mineur."



Fisherman partant à la mine.



Pesée du soufre ramené du cratère.
"Ici jeunes et vieux s’entraident, les plus fort montent le soufre tandis que les autres le redescendent le long des flans du volcan. Leur espérance de vie tourne vers 50ans à cause des fumées toxiques qui émanent de la cheminée que les mineurs respirent à longueur de journée sans la moindre protection respiratoire et du fait qu'ils portent de lourdes charges tous les jours. certains mangent même du soufre tous les jours pensant s'immuniser contre la fumée toxique ! Ils dorment sur place , ne rentrent que rarement chez eux et travaillent dur pour envoyer de l'argent à leur famille."



Dans les émanations de soufre Kawa Igen.
"Je partis alors en direction du cratère, me plongeant dans l'épaisse fumée qui irrite les poumons. "



Dérisoire moyen de protection contre les fumigènes.
"Comme les mineurs, je me protégeais des vapeurs grâce à un foulard dans la bouche."
Cette photo dans la brume est très peu contrastée, et donc très dure à développer!



Accueil souriant malgré la souffrance.
"Je descendis dans le cratère au milieu des mineurs qui chantaient en chœur des chansons traditionnelles; cette légèreté d’esprit face au dur labeur physique qu’ils effectuaient est extraordinaire."


Porteur se tuant à la tâche.
La croix fait écho à la posture du mineur.



Homme à la casquette à l'envers.
"Ils vendent des petites sculptures moulées en soufre comme celle qu'il tient dans sa main aux quelques touristes qui passent les voir."



Vertigineuse ascension des porteurs.
"L'inclinaison est importante et ils doivent gravir le cratère avec 80 Kg sur le dos, et parfois même en tong!"



Porteurs en direction du cratère.
"Une fois arrivés sur la crête, cette épaisse fumée me masquait entièrement la vue, mais d’un coup le temps se dégagea et le splendide lac d’acide sulfurique apparut. Emerveillement."
La faible lumière ambiante m'obligea à avoir un long temps de pose (1/45ème de sec) mais cet élément flou crée un effet de mouvement.



Mister Soufre.
La posture et le petit chapeau donnent un air très British, non?



Guide devant le cratère.
Contraste accentué sur les zones rocheuses à droite.



Epaules lourdes mais coeur léger.
Toujours cette surprenante joie de vivre dans de si dures conditions.



Homme en contemplant les fumigènes.
L'homme permet de donne une échelle au paysage.



Porteur au dos solide.



Souvenir d'une visite incongrue.
"La brume nous engloba de nouveau et je repartis vers la cabane. Là j’apprenais que Nicolas Hulot était passé faire un reportage sur cette exploitation minière, et qu’après être arrivé en hélicoptère, il mouilla un bateau à coque renforcée sur le lac d’acide sulfurique. Mais face à une installation aussi archaïque, je ne puis m'empêcher de penser qu'il n'était pas difficile de laisser une trace. C'est ce que je fais à mon échelle avec ce reportage et ce qu'aurait put faire Nicolas à la sienne!
Je pense cette rencontre inoubliable m’a vraiment enrichis et ouvert l’esprit. C’était mon premier long voyage, et je ne pouvais rêver d’une plus belle expérience! Merci à Guillaume et Charlotte."

Thomas LEOPOLD